Le président de la CNAF dément la Présidence de la République. La grande presse se tait.

janvier 27, 2014

Une mise au point très intéressante vient de paraître sur le site de Gérard Filoche :

François Hollande annonce que 30 milliards de cotisations allocations familiales seront rétrocédées au patronat, à sa demande, dans le « Pacte de responsabilité ». Ensuite il parle de 30 à 35 milliards. A partir de 2017 ! Et en échange il demande des contreparties « chiffrées » y compris en termes d’embauche. Le Medef refuse.

Jean-Louis Deroussen, (CFTC) président de la Caisse nationale des allocations familiales met les pieds dans le plat : « Faux, rétorque t il. Les cotisations familiales représentent 35 milliards d’euros, dont 5 milliards proviennent de l’Etat en tant qu’employeur et des entreprises publiques (SNCF, EDF…). Le reste est donc censé être financé par les entreprises privées, mais c’est faux : elles ne paient pas 30 milliards de cotisations familiales, seulement 10 milliards. Tout simplement parce que les employeurs paient ces cotisations sur les salaires versés aux employés. Or, ils n’en paient pas pour les salaires au Smic et seulement en partie pour ceux qui représentent jusqu’à 1,6 fois le Smic. Ces exonérations représentent 20 milliards d’euros de cadeau pour les entreprises, que l’Etat paie donc déjà à leur place. Evidemment, les entreprises et le Medef se sont bien gardés de communiquer clairement sur ce point.

L’état n’a donc que 10 milliards a trouver. Effectivement. Mais, rajoute le Président de la CNAF, nous nous interrogeons tout de même sur la pertinence de cette décision. La suppression des cotisations familiales sur les petits salaires n’a pas entraîné la création d’emplois. De même, la baisse de TVA dans la restauration ne s’est pas accompagnée de massifs recrutements…
La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine assure que les allocations familiales ne pâtiront pas de cette décision. Mais elle n’évoque pas les crèches ou encore l’allocation de logement (ALF ou ALS), également financées grâce aux cotisations des entreprises. Doit-on s’en inquiéter ? demande une journaliste Céline Boff.
J’ose espérer que la ministre a évoqué les seules allocations familiales pour simplifier son propos, et non pas parce que le gouvernement envisage des coupes dans nos autres missions. Ce serait d’autant plus dommage que nous venons de signer une convention d’objectif avec l’Etat pour la période 2013-2017 dans laquelle la création de 200.000 nouvelles places en crèche est contractualisée. Mais nous devons bien sûr rester très vigilants. »
 (Propos recueillis par Céline Boff)

Ou va t-on, en fait ? Le CICE devait coûter 20 milliards. Le total des exonérations, les aides à l’emploi, les subventions de toutes sortes aux entreprises coûtent déjà 65 milliards. Là il est question de 10 à 35 milliards. Gattaz réclame 100 milliards. Toujours sans vouloir promettre d’emplois.
La grande presse ne dit rien, elle commente la météo, tel voyage en Inde, ou au Vatican, pas les questions essentielles, on n’est pas informés dans ce pays.
100 milliards ça pourrait faire de 3 à 4 millions d’emplois.

Éclaircir semble plus que nécessaire.


« Salariés sans frontières », un documentaire à voir !

janvier 27, 2014

Un documentaire à voir absolument et comme par hasard oublié, négligé par France 5 qui l’a gardé dans ses armoires pendant 18 mois avant de le diffuser, une seule fois dans la nuit du 16 janvier ! Vous avez dit censure ?

Salariés sans frontières enquête sur la mutation du travail dans des régions européennes désindustrialisées, limitrophes du Luxembourg. Un état des lieux de  » 30 années de restructuration industrielle et de libéralisation économique [qui] ont normalisé l’extrême mobilité des salariés et ont remodelé les structures sociales de cette grande région ». Ainsi le Luxembourg, ce beau pays, 2ème de la planète en PIB par habitant (derrière le Qatar), un des royaumes de l’évasion fiscale et de la spéculation financière fait travailler 150 000 frontaliers français, belges, allemands dans la précarité et des conditions au rabais. Le travail frontalier, l’armée de réserve du Luxembourg.

Ci-dessous un message du réalisateur Gilles Balbastre à diffuser largement: 

Au format PDF : Logo pdf2

Quelques petites nouvelles autour de la tentative de censure du documentaire « Salariés sans frontières » par France 5.
Merci tout d’abord à vous tous pour l’élan de solidarité. Des centaines de réseaux syndicaux, politiques, associatifs ont relayé l’information, et des milliers de militants et citoyens ont su la nouvelle.
Non seulement France 5 a « oublié » le documentaire dans ses tiroirs durant 18 mois, l’a programmé à une heure impossible – dans la nuit de mercredi 15 à jeudi 16 janvier – , mais empêche le film d’être en Replay. Certains ont déjà protesté sur la page de France 5 : http://www.france5.fr/emission/salaries-sans-frontieres

Mais France 5 ne peut pas décider de tout. Depuis quelques jours « Salariés sans frontières » est en accès libre sur Youtube. La meilleure version est à l’adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=NmDMJTjLWPQ

Alors, n’hésitez pas à aller sur ces sites pour visionner le documentaire ou pour réclamer un Replay. Plus le mouvement sera fort, plus la contestation d’une télévision de service public qui n’a plus rien de public sera visible.

La censure de « Salariés sans frontières » n’est en réalité que le haut de l’iceberg.
Face à cette censure qui frappe tous ceux qui protestent et luttent contre un ordre capitaliste et libéral qui se croit tout puissant, face à l’arrogance des chiens de garde médiatiques, il est plus que jamais indispensable de développer maintes formes de résistance.
Pour que vous puissiez encore disposer de supports d’informations de qualité, pour que nous puissions nous, journalistes, documentaristes ne pas crever de cette censure économique qui ne dit pas son nom, nous avons créé un site d’autoproduction de documentaires, Nada (Nous avons des armes) : http://www.nada-info.fr/.
Pour le moment ce site est en élaboration. Mais vous pouvez déjà y puiser quelques documents (charte, projet de docus, bande annonce). Nous travaillons à sa transformation. Début février, un nouveau Nada sera disponible et tout à fait opérationnel. Nous vous le ferons savoir.
En attendant, comme il y a une semaine, diffusez massivement ce message.
Car ce dont on est certain, c’est que nous avons raison !!!!

Gilles Balbastre, réalisateur de Salariés sans frontières et co-réalisateur des Nouveaux chiens de garde


Conférence de presse de François Hollande : Moins d’Etat et plus pour le patronat !

janvier 18, 2014

Communiqué de la CGT mardi CGT14 janvier 2014

La conférence de presse de F. Hollande confirme l’inflexion donnée par les vœux présidentiels. Le Président assume le choix d’une politique libérale. Ce faisant, il tourne le dos aux salariés. En avouant la sous-estimation de la gravité de la situation de la France, il avoue du même coup l’échec et l’inefficacité des politiques mises en œuvre depuis son élection. Ce sont ces politiques qu’il entend cependant poursuivre et amplifier au service des entreprises.

Il installe un « observatoire des contreparties » sans en préciser le périmètre, la composition et les critères. Il distribue donc d’abord l’argent au patronat et confie à d’autres et dans un horizon incertain, le soin d’en fixer la conditionnalité. C’est ce qu’il appelle le « pacte de responsabilité ».
En écho au patronat, le Président décrète que pour plus d’embauches, il faut à la fois réduire les charges des entreprises et leurs contraintes. Il engage donc une nouvelle étape de cadeaux au patronat et, pour la première fois, il exonère les entreprises des règles qui organisent notre vivre ensemble. Il se propose de réduire les normes qui fixent les exigences de la société vis-à-vis des entreprises. Et il confie la conduite du « conseil de simplification »à un parlementaire et une fois de plus… à un patron ! Lire la suite »


Pacte de responsabilité ? Pacte d’impunité pour le capital !

janvier 18, 2014

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Communiqué de l’Union Syndicale Solidaires du 15 janvier 2014

Le pacte d’impunité pour le capital

Avec « le pacte de responsabilité », François Hollande poursuit la politique libérale pro-patronale dont il a toujours été porteur, comme ses prédécesseurs. Une fois de plus, il sert les intérêts du MEDEF. Depuis le début du quinquennat, c’est une suite de mesures économiquement inefficaces et socialement injustes : exemption pour le patronat du paiement des cotisations sociales de la branche famille (35 milliards d’euros), fausse remise à plat fiscale… Celles annoncées ce jour sont aussi dans le droit fil d’une conception libérale de la politique de l’offre, du « coût » du travail, et du partage toujours plus inégal des richesses.
Le patronat paiera moins de cotisations sociales et les salarié-es règleront la facture au travers de la baisse des dépenses publiques, donc de la dégradation de la redistribution sociale (dont la sécurité sociale) et des services publics. La réorganisation des collectivités locales aura des conséquences sociales, même si leur portée ne peut être mesurée à l’aune des annonces très floues qui sont faites.
Parler de contreparties à ces largesses (en termes d’emplois ou de salaires) est une plaisanterie. Voilà des décennies que les gouvernements successifs multiplient les exonérations de cotisations sociales pour le patronat et que le chômage ne cesse d’augmenter.
La logique financière des entreprises au détriment de l’activité économique et de l’investissement socialement et écologiquement utiles, est inhérente au système capitaliste et c’est la raison première du désastre humain, social et économique que subissent les salarié-es des grandes groupes comme des petites entreprises, les chômeurs-euses, les jeunes en formation, les retraité-es.
Le MEDEF et l’AFEP (officine des entreprises du CAC 40), n’en n’ont jamais assez. Leur objectif est de détruire tout ce qui reste de garanties et de protection sociales, de continuer à diminuer la part des richesses produites en faveur des salaires, de pouvoir licencier sans entrave comme le permet la loi mal nommée de « Sécurisation de l’emploi », de voir baisser la fiscalité des entreprises. Lire la suite »


Dans vos agendas !

janvier 1, 2014
FONTENAY-SOUS-BOIS – 3 FÉVRIER 2014
Le lundi 3 février, à 20 heures, au cinéma Le Kosmos, 243, avenue de la République à Fontenay-sous-Bois, projection du film Les jours heureux suivie d’un débat avec le réalisateur, Gilles Perret.
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affiche_les_jours_heureux_petiteEntre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ils vont rédiger le programme du Conseil National de la Résistance intitulé magnifiquement : « Les jours heureux ». Ce programme est encore au cœur du système social français puisqu’il a donné naissance à la sécurité sociale, aux retraites par répartition, aux comités d’entreprises, etc.
 Le site « les jours heureux »
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PARIS – 22 JANVIER 2014
Le professeur André Grimaldi est passé à Fontenay il y a quelques mois déjà, nous ne pouvons que recommander à ceux qui n’ont pas pu assister à sa conférence de ne pas manquer cette nouvelle occasion.
Le mercredi 22 janvier, à 19 heures, à la maison des associations du 12ème, 181, avenue Daumesnil : «  La santé en France  ». Avec le Professeur André Grimaldi. En partenariat avec Attac 12 et Attac 13. Entrée libre et gratuite.
AMD Paris | amis.diplo.75@gmail.com
Extrait du Monde diplomatique de juin 2013
Pour faire prendre conscience des menaces qui pèsent sur l’hôpital public, le professeur André Grimaldi, ex-chef du service de diabétologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, a choisi de raconter sa vie professionnelle et sa vie militante — l’une et l’autre se confondent. Il faut dire qu’il finit son internat de médecine à la veille de Mai-68, au moment où la jeunesse espère bousculer le monde. Les carabins de la Pitié resteront assez sages, mais ils chahuteront tout de même les mandarins et leurs pratiques féodales. Si Grimaldi décortique les multiples réformes contre l’hôpital public menées par les gouvernements de droite et de gauche, il ne manifeste aucune nostalgie. C’est précisément au nom des réformes indispensables pour prendre en charge le malade dans sa totalité qu’il alerte sur les dangers présents : médecine « industrielle », dépassements d’honoraires, liaisons dangereuses avec les laboratoires, autoritarisme étatique… La charge est lourde, mais étayée. Et le plaidoyer pour qu’un jour « la Carte bleue ne remplace pas la carte Vitale » d’une grande actualité.
Maud Pascal